INVICTUS plus d'une façon de voir la chose!

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Sommes Colorés

INVICTUS

AVEC MORGAN FREEMAN - MANDELA

MATT DEAMON - FRANCOIS PIENAAR

UN FILM DE CLINT ESATWOOD

INVICTUS par Dan Albertini courtoisie Cinéma Capitole à Nyon – Madiba comme on l’appelait, monsieur le président comme on l’appela. Un exercice de mémoire et d’émotion. Clint Eastwood nous entraîne avec Morgan Freeman, Mandela et Matt Daemon, François Pienaar, dans une aventure qui interpelle. C’est du cinéma. Mais on risque de quitter, ému au plus haut point et, s’offrir aux autres à la sortie de la salle.

 

Le film. Une Afrique du Sud au milieu d’autres. Pas moins racistes quand on parle de l’époque. La haine des Afrikaners, leur peur, la ségrégation en pleine modernité. Ouf !le mot apartheid fait stigmate encore aujourd’hui dans l’histoire de ce pays, au point de susciter la production d’un grand film pour Hollywood.

Comment comprendre la décision d’un homme. Redouté pour la couleur de son épiderme, haï pour sa non-violence, emprisonné pour son innocence. C’est un portrait. Il a aussi un nouveau registre. Vouloir pardonner pour faire grandir son pays. Quel pays ? Personne ne comprend. Même pas les siens. Cet homme s’appelle Nelson Mandela, son poème, Invictus.

Clint Eastwood le résume dans une séance de deux heures et douze minutes, le temps d’un match de rugby…, par prolongation. Pour l’Afrique du Sud. C’est le pays.

 

Clint Eastwood fait d’abord confiance au public. Il croie le public informé, à niveau. Il épargne donc le détail des scènes violentes, pour rentrer directement dans le nouveau registre. Celui de l’espoir. Un homme, libre, Madiba devient président d’une nation qui n’existe pas. Le président se sacrifie pour faire exister la nation. Il y a tout de même lieu de s’interroger. S’est-il vraiment sacrifié car il l’était déjà en prison. Il a appris. Le film le démontre comme un vrai calculateur. Politique. Il intègre la mentalité de ses bourreaux pour mieux les anticiper. La finance un besoin essentiel dit-il. On peut lui faire confiance, il a réussi malgré tout.

 

Mais, Eastwood aurait-il oublié le syndrome de Stockholm pour ne l’avoir mentionner dans ses considérations sur les amis de Madiba. Aucun spécialiste pour tenter de reconstituer le prisonnier. Pourtant on voit cet homme parler de la polygamie de son père à une jeune femme, tout en avouant son faible pour elle : << quand je regarde… j’envie mon père >>. Il a donc un passé, un sexe. Il a d’ailleurs des enfants. Des mariages. Mais il décide d’en rester là, pour la nation. Eastwood aussi.

Madiba avait-il finit par aimer ses bourreaux pour ne pas sombrer dans l’oubli, dans l’indifférence, dans la démence ? Avoir vécu trop longtemps en captivité, avec eux. Lui fallait-il des références. Président, il joue sur le registre du rugby. Pourquoi ? Pas de psychanalyse mais un toubib qui ordonne au président, comme il le dit à Mary, <<repos… >>

Poursuivons, si la force du pardon est si grande en lui, chef d’état, pourquoi alors punir Winnie Mandela par abandon, pour des mêmes crimes submergés de l’autre côté pardonné. Là, une conséquence de l’aspect du pouvoir économique soulevé plus haut ? Combien de sacrifiés ?

 

Clint Eastwood avait-il pensé à la fin ? Les critiques, les commentaires dans le pipe line, en allant chercher un Morgan Freeman qui, non seulement arrive à reproduire Mandela dans l’image et le portrait mais, dans son parcours professionnel sur l’écran, touche toujours profondément dans ses différents rôles déjà joués. Le rôle d’un censeur de secondaire…

La question est de savoir après coup, si le film va être jugé sur une base de documentaire fiction, ou d’une autre esthétique que le problème du racisme et de l’Afrique du Sud. Ou, encore sur la performance des interprètes, la mise en scène, tout autre artifice du 7ième art.

 

Le film aurait pour base un poème de William E Henley qui a marqué la période d’incarcération de Mandela. Deux strophes : je suis debout bien que blessé et mais je ne connaîtrais pas la peur. C’est là la réponse d’Eastwood. Si cet autre art, la poésie permet de rentrer profondément dans le langage, Invictus serait un hommage que le cinéma rend aux poètes à travers Henley et Mandela. Si par contre Invictus devrait servir à autre chose, quatre personnages clés auraient réussi en première ligne : le président, le capitaine de l’équipe, le chef de la sécurité du président, le spécialiste imposé par Madiba.

 

Doit-on enfin regarder le film avec un courant historique, ça c’est le spectateur qui en décidera. Il lui faudra d’abord voir le film. C’est un film difficile mais est un bon film.

movie/28-10-10

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